La santé mentale de parents affecterait-elle la santé de l’enfant à venir ?

La grossesse est une période de transformation profonde, marquée par des changements physiques, émotionnels et psychologiques. Pour certaines femmes, cette période peut être accompagnée de stress et d’anxiété, ce qui peut avoir des répercussions sur leur propre santé mentale mais aussi celle de leur enfant à naître.

Le psychanalyste Daniel Stern introduit le concept de « transparence psychique » pour décrire « l’état de vulnérabilité émotionnelle et de réceptivité accrue aux émotions et aux pensées inconscientes pendant la grossesse ». Cette vulnérabilité rend les femmes enceintes plus sensibles aux facteurs stressants et aux émotions négatives, avec des conséquences potentielles pour la santé mentale maternelle et fœtale. Un suivi psychologique approprié devient donc essentiel pour les femmes enceintes traversant des difficultés psychiques. La question centrale demeure : comment la santé mentale parentale influence-t-elle la trajectoire de santé de l’enfant à naître ?

Une recherche scientifique majeure explore « les différents types de stress prénatal chez les femmes enceintes et leurs impacts sur le développement neurodéveloppemental ». L’étude identifie trois profils distincts : groupe sain, groupe stressé psychologiquement, groupe stressé physiquement. Les découvertes révèlent que « le stress prénatal peut influencer le sexe à la naissance, des complications à la naissance et le développement du système nerveux central du fœtus ».

Une autre étude concernant les microARN démontre que la perturbation de leur maturation « pourrait avoir des implications importantes pour la compréhension de diverses maladies, notamment les cancers et les maladies neurodégénératives ». Les microARN constituent des molécules d’ARN non codantes jouant un rôle fondamental dans la régulation génique.

L’empreinte génomique, mécanisme épigénétique où « l’expression de certains gènes dépend de leur origine parentale », présente des effets considérables sur la pathogenèse future. Chez l’humain, « environ 100 à 200 gènes sont soumis à cette empreinte », influençant la croissance fœtale et le développement placentaire. Les dysfonctionnements de ce mécanisme peuvent produire des syndromes génétiques, anomalies développementales et certains cancers.

Les anomalies épigénétiques s’associent à des syndromes de croissance, certains cancers, maladies neurodégénératives et troubles métaboliques comme le diabète et l’obésité.

L’empreinte génomique maintient donc une fonction fondamentale dans le développement normal et la santé générale. La recherche longitudinale approfondie s’impose pour mieux comprendre et prévenir ces conditions, en évaluant aussi la santé mentale parentale. Parallèlement, fournir un soutien psychologique adapté aux femmes enceintes atténue les effets négatifs du stress prénatal. Ce suivi psychologique détecte et traite les troubles mentaux comme l’anxiété et la dépression survenant pendant la grossesse, soutenant un développement sain et harmonieux pour la mère et l’enfant.